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Il est ressuscité !

 19.04.20 Christ Ressuscit

Entrevue de la Vierge Marie et du Christ Rédempteur

Quand la Vierge Marie sut l'heure de la Résurrection, je vous laisse à penser avec quel empressement elle se leva pour voir si l'aurore venait. Elle constata que non, et acheva le psautier. Puis elle voulut s'assurer si d'autres prophètes n'avaient pas mentionné l'heure de la Résurrection. Elle trouva au chapitre 6 d'Osée ce texte dans lequel le prophète parle au nom des apôtres : Après deux jours il nous rendra la vie, le troisième jour il nous relèvera et nous vivrons en sa présence. Appliquons-nous à connaître Yahvé ; sa venue est certaine comme l'aurore. Remarquez l'expression Il nous rendra la vie. Les apôtres, en effet, avaient été frappés mortellement dans leur âme par leur incrédulité. – La Vierge alors se leva, disant : Ces témoins de l'heure où mon Fils doit ressusciter me suffisent ; et elle prépara la chambre et un siège, ajoutant : Là va venir s'asseoir mon Fils, et je pourrai converser avec lui. Puis elle regarda par la fenêtre, et vit que l'aurore commençait à poindre. Sa joie fut grande : Mon Fils va ressusciter, dit-elle. Puis, fléchissant les genoux, elle pria : Réveille-toi, sois devant moi et regarde, et toi, Yahvé, Dieu Sabaot, Dieu d'Israël, lève-toi. (Ps. 58, 6) 

Et aussitôt, le Christ lui envoya l'ange Gabriel, disant : Vous qui avez annoncé à ma Mère l'incarnation du Verbe, annoncez-lui sa Résurrection. Sur-le-champ, l'ange vola vers la Vierge et lui dit : Reine du Ciel, réjouissez-vous ; car celui que vous avez mérité de porter dans votre sein est ressuscité selon sa promesse.

Le fait et les paroles ont été révélés au bienheureux Pape Grégoire qui ajouta ces mots : Priez Dieu pour nous. Aussitôt après le Christ se présenta, accompagné de tous les patriarches. (…) Et le Christ salua sa Mère, disant : La paix soit avec vous ! La Vierge alors, fléchissant les genoux, et pleine de larmes que faisait couler la joie, l'adora et baisa ses pieds et ses mains. Ô plaies bénies qui m'avez causé tant de douleurs ! Et le Christ, embrassant à son tour sa Mère, lui dit : Réjouissez-vous, ô ma Mère, car vous n'aurez désormais que de la joie. Puis il essuya ses larmes. Et il s'assit, et tous deux conversèrent doucement.

Oh ! Heureux qui eût pu assister à cet entretien ! Alors, elle dit à son Fils : Jusqu'ici, mon Fils, je vous rendais mon culte le samedi pour honorer le divin repos après la création du monde, à l'avenir, ce sera le dimanche, en mémoire de votre Résurrection, de votre repos et de votre gloire. Et le Christ approuva. Puis il raconta ce qu'il avait fait aux enfers, comme et il avait enchaîné Satan, et présenta à sa Mère les patriarches qu'il en avait ramenés. Et tous firent à la Vierge Marie un salut profond.

(Extrait d’un sermon de Saint Vincent Ferrier sur la sainte Pâque)